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Générations Noureev

Pour la troisième année se tient à Rimini le Concours Noureev, une compétition mêlant exigence et pédagogie. Les stagiaires et candidats se sont confrontés aux chorégraphies de l’artiste russe mais à travers un enseignement et une transmission d’excellence qui font de ce concours une expérience plus riche qu’une simple démonstration de virtuosité.

Concours Noureev
3ème édition
Teatro Amintore Galli
Rimini
18 – 23 juillet 2022

Alors que le Concours de Varna n’a plus lieu depuis quelques années pour des raisons financières et que le Concours de Moscou ne fut pratiquement pas accessible cette année aux occidentaux pour cause du conflit ukrainien-russe, le Concours Noureev offre une opportunité intéressante de se confronter à ses pairs. A la différence de la compétition de Lausanne seulement accessible aux étudiants, Rimini permet à de jeunes professionnels de s’illustrer dans une variation du répertoire de Noureev ainsi que dans une variation libre classique ou contemporaine. Cette manifestation fut initiée et pensée par Daniel Agésilas et Maria Guaraldi qui en supervisent la promotion et la bonne tenue avec ambition et bienveillance.

La soirée du 23 juillet aligne huit candidats divisés en catégorie étudiants ou professionnels. Le jury prestigieux comprend des personnalités qui dansèrent ou travaillèrent au côté de Noureev : Daniel Agésilas, Monique Loudières, Elisabeth Maurin, Wilfried Romoli et Luciana Savignano. Danser une chorégraphie de Noureev devant un tel aéropage pourrait décourager le plus téméraire des concurrents mais tout au long de la semaine les danseurs ont travaillé sous leur supervision et cette présentation des lauréats avec remise de prix et bourses d’études n’a rien d’une épreuve cruelle et traumatisante.

Le début de la soirée permet de voir le travail effectué par des élèves plus jeunes avec des pas d’école et des révérences soignées. Le niveau varie considérablement autant que la motivation et la finalité de cette semaine passée en Romagne.

La classe des étudiants aligne deux candidates de 15 et 16 ans. La première, Sara Astolfi, de la voisine République de San Marino maîtrise la difficulté de la variation d’Aurore de la Belle au bois dormant malgré les difficultés du manège. La seconde, Noemi Canini, fait montre d’une belle assurance dans la variation du cygne noir du 3ème acte du Lac des cygnes. Une technique sure, l’enseignement des coachs aura certainement affiné une technique déjà bien posée. Il en va de même avec Alice Hidalgo qui compose une belle Juliette au flot naturel, mâtiné d’une force expressive naturelle. Un jeune habitant de Rimini de 14 ans complète ce groupe, sans concourir officiellement. Il exécute de manière plus qu’honorable et surtout très prometteuse une variation du Lac des cygnes. De toutes les variations libres c’est probablement la française Alice Hidalgo qui fait le choix le plus adapté avec Delibes Suite de Jose Martinez. Cette variation confirme son habileté technique mais montre également une certaine légèreté et un humour qui font le succès de ce pas de deux.

Clara Mousseigne.

Avec les professionnels nous franchissons indubitablement une marche supérieure. La classe ouvre avec la québécoise Audrey Anne Arteau qui se lance dans la variation du 1er acte de Don Quichotte. La danseuse possède la force et l’énergie nécessaires mais manquent probablement encore un côté espiègle et un raffinement que seul le temps et un travail de font permettront d’acquérir. Les deux garçons Charles Casen et Adrien Fougères ne déshonorent pas l’enseignement français de l’Ecole de l’Opéra de Paris et du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris mais ils n’éblouissent pas le public de ce magnifique théâtre. La sensation de la soirée demeure et sans surprise pour ceux qui la virent à Paris dans la deuxième variation des Ombres de La Bayadère Clara Mousseigne qui aligne deux variations d’un niveau sans aucune mesure avec les autres concurrents. Son Casse-Noisette offre une tenue et une précision qui trahissent le travail parfaitement assimilé avec Elisabeth Maurin, interprète légendaire de l’homonyme … Clara.

Le travail de pointe est en tout remarquable ainsi que le phrasé et la musicalité. Celle qui n’est encore que choryphée à l’Opéra de Paris ponctue la variation par des tours aussi vifs que bien réceptionnés. Enthousiasme comparable avec la Cigarette de Suite en blanc de Serge Lifar. Les bras dessinent de superbes volutes ou des poses si caractéristiques du style néo-classique de cet autre soviétique émigré en France. La musicalité de Clara Mousseigne trouve un merveilleux terrain de démonstration. Aux bulles de champagne de Casse-Noisette s’ajoute un grand cru avec cette Cigarette. Le prix Noureev lui est décerné à l’unanimité ! Voici une danseuse que Noureev en son temps aurait promu rapidement dans les distributions de ses ballets ou de sa programmation, sans parler de ses tournées au cours desquelles tant des répétiteurs et étoiles des années 80 et 90 firent leurs armes.

Remise de prix et de bourses après un spectacle inachevé pour cause de blessure d’une prometteuse danseuse du Teatro San Carlo de Naples, Georgia Pasini, les lauréats peuvent débuter leurs vacances ou autres auditions et tournées car à cet âge la soif d’apprendre et de danser priment sur le désir d’oisiveté estivale.

Vincent Le Baron
Vincent Le Baron, diplômé de droit à la Sorbonne à Paris, a débuté la critique de danse il y a environ vingt ans. Formé par René Sirvin au quotidien Le Figaro, il collabora à deux revues de danse mensuelle, Danse Light et Ballet 2000. Vincent a couvert pour ces supports les saisons de l’Opéra de Paris mais également des représentations en région ainsi qu’en Europe, à New York et à Tokyo. Pendant quelques années de 2014 à 2018, Vincent collabora à altamusica, un site principalement spécialisé dans la musique mais comportant également une tribune de danse. Sa dernière collaboration fut à la prestigieuse Ballet Review qui compta de longues années les signatures prestigieuses de Clement Crisp et Clive Barnes. Occasionnellement il participa à la rédaction des programmes dont ceux du Théâtre du Châtelet à Paris.

Vincent Le Baron, llicenciat en dret per la Sorbona de París, va començar a escriure crítica de dansa fa uns vint anys. Format per René Sirvin al diari Le Figaro, va col·laborar en dues revistes mensuals de dansa, Danse Light i Ballet 2000. Per a aquests mitjans, Vincent va cobrir les temporades de l'Òpera de París però també actuacions a la regió i a Europa, a New York i Tòquio. Durant uns anys, del 2014 al 2018, Vincent va col·laborar a altamusica, un lloc principalment especialitzat en música però que també inclou un fòrum de dansa. La seva darrera col·laboració va ser amb la prestigiosa Ballet Review que durant molts anys va incloure les prestigioses signatures de Clement Crisp i Clive Barnes. De tant en tant va participar en la redacció de programes, entre ells els del Théâtre du Châtelet de París.

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