World Arts / Art News

Le Concertgebouw entre classicisme et romantisme

L’Orchestre du Concertgebouw d’Amsterdam reprend dès le début janvier le cours de sa saison. Pour le premier week-end de l’année, il affiche un programme classique avec deux « wunderkind » : Santtu-Matias Rouvali à la direction et Seong-Jin Cho au piano.

Ouverture n°2
Musique : Louise Farrenc (1804-1875)
Concerto pour piano n°1
Musique : Frédéric Chopin (1810-1849)
Symphonie n°6
Musique : Franz Schubert (1797-1828)
Direction musicale : Santtu-Mathias Rouvali
Orchestre du Concertgebouw
Concertgebouw, 7 janvier 2024

La salle mythique du Concertgebouw d’Amsterdam accueille bien des concerts, parfois jusqu’à trois ou quatre par jour rien que dans sa grande salle. La qualité varie et l’accusation de garage n’est parfois hélas pas usurpée. En revanche lorsqu’il s’agit de l’orchestre de ces lieux, le célèbre Concertgebouw, le prestige des chefs et des solistes demeure infaillible et le public toujours complet ne s’y trompe pas.

Santtu-Matias Rouvali fit ses débuts avec l’orchestre en 2020 et revint notamment pour le répertoire de prédilection de tout finlandais … Jean Sibélius. Mais cet élève de Jorma Panula et Leif Segerstam, qui dirige aujourd’hui le Philarmonique de Londres et le Symphonique de Götteborg remonte aussi le temps et navigue également dans la première partie du 19ème siècle avec Louise Farrenc, Frédéric Chopin et Franz Schubert.

Louise Farrenc longtemps ignorée du grand public, mais aussi des musiciens et des programmateurs fait un retour en force, comme l’ensemble des compositrices dans l’histoire de la musique. Afin d’afficher un minimum de femmes au concert, les ouvertures de Farrenc sont désormais très prisées. Les critiques de l’époque seraient aujourd’hui poursuivis pour leurs commentaires machistes en évoquant des qualités réelles … pour une femme. Sa 2ème Ouverture très influencée par le style du « Grand opéra » de l’époque, pour ne pas dire pompier, n’est pas sans intérêt mais ne suscite pas non plus un accueil électrique, à peine le temps pour Santtu-Matias Rouvali de remonter les hautes marches du chœur sous de timides applaudissements.

Bien différent et plus enthousiaste se révèle l’accueil du 1er Concerto pour piano de Chopin par Seong-Jin Cho. Le pianiste, lauréat du Concours Chopin de Varsovie en 2015, pourrait se reposer sur ses lauriers et faire démonstration de sa science « chopinesque ». En réalité il conserve une interprétation recherchée, presque immaculée. Le tempo volontairement lent l’expose à la moindre fausse note au même titre que l’orchestre. Les musiciens respectent ce choix et demeurent à l’affût. Les cordes piano conservent un archet délicat, comme le premier cor ou le premier basson. Rares sont les phalanges à offrir de tels pupitres capables d’une telle mise en abime et avec une telle lumière. On redécouvre ainsi cette musique parfois rebattue ou interprétée de manière trop sucrée.

Une valse ‘malicieuse’

En bis le pianiste coréen offre une Valse du même Chopin et de manière malicieuse il opte pour un tempo très rapide à l’exécution impeccable. Pas de rodomontade à la Lang Lang, l’artiste du pays du matin calme s’efface en toute humilité laissant le nom de Chopin inscrit sur balcon gauche triompher face au public.

Après l’entracte, Santtu-Matias Rouvali a opté pour la 6ème Symphonie de Schubert, plus rarement interprétée que ses deux dernières notamment. Il s’agit d’une œuvre profondément marquée par Haydn ou Beethoven mais également caractéristique du compositeur autrichien disparu si jeune.

Ce qui frappe par l’exécution du Concertgebouw, c’est la clarté et la légèreté. Le chef finlandais virevolte sans ostentation et sa main gauche aux longs doigts dessine des arabesques que lisent parfaitement les musiciens.

Evidemment chacun s’attend à entendre Mahler ou Bruckner en allant écouter le Concertgebouw mais celui qui demeure certainement l’un des cinq plus grands orchestres au monde a plus d’une corde à son arc. Gageons qu’un autre « wunderkind », son nouveau chef-directeur Klaus Mäkelä le conservera à des sommets.

Vincent Le Baron
Vincent Le Baron, diplômé de droit à la Sorbonne à Paris, a débuté la critique de danse il y a environ vingt ans. Formé par René Sirvin au quotidien Le Figaro, il collabora à deux revues de danse mensuelle, Danse Light et Ballet 2000. Vincent a couvert pour ces supports les saisons de l’Opéra de Paris mais également des représentations en région ainsi qu’en Europe, à New York et à Tokyo. Pendant quelques années de 2014 à 2018, Vincent collabora à altamusica, un site principalement spécialisé dans la musique mais comportant également une tribune de danse. Sa dernière collaboration fut à la prestigieuse Ballet Review qui compta de longues années les signatures prestigieuses de Clement Crisp et Clive Barnes. Occasionnellement il participa à la rédaction des programmes dont ceux du Théâtre du Châtelet à Paris.

Vincent Le Baron, llicenciat en dret per la Sorbona de París, va començar a escriure crítica de dansa fa uns vint anys. Format per René Sirvin al diari Le Figaro, va col·laborar en dues revistes mensuals de dansa, Danse Light i Ballet 2000. Per a aquests mitjans, Vincent va cobrir les temporades de l'Òpera de París però també actuacions a la regió i a Europa, a New York i Tòquio. Durant uns anys, del 2014 al 2018, Vincent va col·laborar a altamusica, un lloc principalment especialitzat en música però que també inclou un fòrum de dansa. La seva darrera col·laboració va ser amb la prestigiosa Ballet Review que durant molts anys va incloure les prestigioses signatures de Clement Crisp i Clive Barnes. De tant en tant va participar en la redacció de programes, entre ells els del Théâtre du Châtelet de París.

Aquest lloc web utilitza galetes («cookies») per diferenciar-vos d'altres usuaris i activar diverses funcions d'acord amb la informació i els serveis que El Temps de les Arts us vol oferir, però heu de donar el vostre consentiment per acceptar-les. Més informació

The cookie settings on this website are set to "allow cookies" to give you the best browsing experience possible. If you continue to use this website without changing your cookie settings or you click "Accept" below then you are consenting to this.

Close